• Django Retroman

LE ROI Arthur ( 2004 )

Dernière mise à jour : juil. 4





Pris d'une nostalgie soudaine en début de semaine , j'ai décidé de remater Le Roi Arthur réalisé par Antoine Fuqua en 2004 .






A une époque où la guerre d'Irak servait de parabole à bon nombre de films glorifiant les forces armées américaines , il est intéressant de noter le parti pris anti-religieux ( ou du moins très nuancé ) du film d'Antoine Fuqua .


D'autant plus étonnant que le réalisateur américain avait sorti Les larmes du soleil un an plus tôt , film on ne peut plus patriotique ( mais qui n'en reste pas moins très bon ) .


Je le dis sans détour , Le Roi Arthur est un film risqué ;


Entre critique de la religion , casting quasi exclusivement anglo-saxon où figurent des acteurs quasiment inconnus à l'époque et la volonté d'inscrire la légende dans une réalité historique , il subira un cuisant échec commercial et critique .


Je note également que le film ne comporte pour ainsi dire aucun " comique de service" et s'avère somme toute assez sérieux .


Etant donné qu'il s'agit d'une production Jerry Bruckheimer , qui a toujours produit des oeuvres orientées grand public c'est une prise de risque appréciable .


Qui peut peut-être expliquer l'échec du film .


Antoine Fuqua le réalisateur confie :



"J'ai toujours été fasciné par le mythe d'Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. J'ai vu et revu tous les filins traitant dece sujet, adoré toutes ces merveilleuses aventures épiques. Enfant, je jouais aux chevaliers. Plus tard, j'ai étudié la mythologie et les légendes, et en particulier ce qui avait trait au Roi Arthur. Et depuis que je fais du cinéma, j'ai toujours eu envie de fi tire un film comme celui-ci. Quand Jerry Bruckheimer me l'a proposé, je n'ai pas hésité une seconde."


Le réalisateur poursuit :

"Je crois que Jerry m'a choisi parce que ce film est, comme TRAINING DAY, d'un réalisme direct : on peut vraiment sentir; toucher la violence et la mort. On ressent le froid et le désespoir. C'est apocalyptique. Il n’y avait pas beaucoup d'espoir dans le monde à l'époque où se déroule le film. Arthur représente un espoir; un vrai. Bien que passionné par le Roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde, je ne savais rien d'Artorius roi des Sarmates avant de découvrir le scénario de David Franzoni. »



Le scenariste David Franzoni s’est semble s'être inspiré du Cycle de Pendragon de l’écrivain Stephen Lawhead pour écrire son scénario. En effet, ici le scénario dépouille Arthur de ses oripeaux Médiévaux et Charlemagnesque pour le resituer dans son exact temporalité : la chute de l’empire romain. Et il faut bien avouer que cela fonctionne parfaitement. Ainsi, ce sont bien des aventures inédites et quasi-historique que Antoine Fuqua met en scène. On est loin du Merlin de Disney ou de celui incarné par Sam Neil dans l’excellent téléfilm de Steve Barron.




D'une certaine façon , le Roi Arthur fait écho au précédent film film d'Antoine Fuqua, Les larmes du Soleil : un héros qui préfère mettre sa vie en danger plutôt que d’abandonner les faibles et les opprimés.



Mais la comparaison s’arrête ici, il y a un réel souffle épique dans ce film loin de l’estampille Bruckheimer habituel. Fuqua s’intéresse avant tout aux chevaliers, à leurs cheminements et au destin qui mènera Arthur sur le trône.




Ce qui est génial avec le Roi Arthur c'est qu'on retrouve un bon nombre de " gueules" sur le devant de la scène aujourd'hui .


Clive Owen en Arthur , Ioann Gruffud en Lancelot , Madds Mikelsen en Tristan , les fans de Rome et Punisher reconnaîtront Ray Stevenson , on peut même apprécier Stephen Dillane en Merlin des années avant d'être élu père de l'année par les twittos pour son rôle de Stannis Baratheon dans Games of Thrones .


Même Keira Knightley en Guenièvre / amazone vaut le détour .


Cerise sur le gâteau , la musique signée el maestro Hans Zimmer .


Si il peut dérouter pour être un poil trop bavard et manichéen , il n'en reste pas moins très appréciable , mention spéciale aux nombreuses séquences en décors naturel ainsi que quelques morceaux de bravoure .


Bien entendu , on n'évite pas certains clichés maladroits tels que les gentils tout beaux et les méchants saxons bien crasseux ; Mais entre nous c'est un contrat que j'accepte en visionnant un film .